Gaëtan DECHOUX

Professeur d’histoire-géographie

Doctorant – EA 3945 CRUHL – Université de Lorraine

Résumé

Les armées du roi de France, au même titre que le reste de son royaume, doivent faire face à l’affirmation des identités confessionnelles, avec la présence majoritaire de catholiques et d’une importante minorité protestante. Il s’agira d’étudier les relations entre les non-combattants (que l’on nommera ici « civils » pour plus de simplicité) et les soldats des armées royales françaises, mais au prisme de la coexistence confessionnelle. En effet, on peut se demander quelle est la réaction des civils catholiques face à des troupes protestantes (ou inversement), mais aussi de « civils » protestants qui côtoient des soldats protestants. Aux difficultés « traditionnelles » de la relation entre ces deux groupes (A. Corvisier, H. Drévillon) s’ajoutent donc, par moment, la dimension confessionnelle (L. Jalabert). À travers quelques exemples, nous essayerons de mettre en évidence quels sont les contacts et les relations qui se créent durant les périodes de cohabitation, mais aussi quelles sont les identités qui prennent le dessus. Est-on d’abord catholique ou d’abord civil ; est-on d’abord protestant ou d’abord soldat ? Cela nous permettra aussi d’aborder la question des frontières entre ces groupes (frontière « combattante », frontière confessionnelle). Il s’agira également d’analyser la manière dont l’État organise cette coexistence confessionnelle. D’ailleurs, rappelons-le, l’administration militaire est aux mains de civils durant la période étudiée.

Pour compléter cette étude de la coexistence confessionnelle, nous verrons aussi la manière dont se construit progressivement l’identité du soldat aux cours des XVIIe et XVIIIe siècles, et surtout que la dimension confessionnelle peut, si ce n’est participer, au moins laisser entrevoir cette évolution.

Cette étude portera donc sur les armées du roi de France, mais se concentrera, pour cette intervention, sur l’espace du Grand Est. Les exemples étudiés seront régionaux (Fénétrange ou Metz par exemple). Le Grand Est a longtemps été une région de passage de troupes du fait de sa position géographique et donc la présence militaire est importante. C’est aussi un territoire sur lequel on trouve des protestants. Ces deux éléments (présence de soldats et de communautés protestantes) en font un espace privilégié pour une telle étude, étant une terre de frontières politique et confessionnelle.

Biographie

Actuellement enseignant d'histoire-géographie au collège de Nomeny (54610), Gaëtan Dechoux est également doctorant (depuis janvier 2019) à l'université de Lorraine, rattaché au laboratoire du CRULH. Son sujet de recherche porte sur la coexistence confessionnelle dans les armées du roi France entre les XVIIe et XVIIIe siècles, sous la direction de Laurent Jalabert (Université de Lorraine). Ce doctorat est dans la lignée de ses travaux de recherches menés lors de ses années de Master et qui portaient également sur la coexistence confessionnelle, notamment à Badonviller.  

Bibliographie sélective

Dechoux, Gaëtan, « Des échanges de sacralité : Georges d'Aubusson de la Feuillade, évêque de Metz lors de sa visite pastorale de 1680 », Annales de l’Est, Numéro spécial 2014, p.55-67.

Dechoux, Gaëtan, « La rumeur comme outil de l'affirmation des identités confessionnelles : L'exemple de Badonviller au début du XVIIe siècle », Annales de l’Est, Numéro spécial 2015, p.109-123.

Dechoux, Gaëtan, « Les évolutions de la coexistence confessionnelle à Badonviller (1580-1625) », Annales de l’Est, n°1, 2015, p.143-159.

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