Clément MELLINGER

Doctorant en histoire contemporaine

EA 3945 CRUHL – Université de Lorraine

Résumé

Le conseil de révision de la garde nationale mobile en Alsace

Création issue de la loi de 1868 concernant l’organisation de l’armée, la garde nationale mobile est imaginée comme une réserve de l’armée active. Elle amène un flou sur la délimitation entre civils et militaires, en organisant et en entrainant la totalité de différentes classes d’âge pour le maniement des armes. Relevant de l’autorité militaire lors de leurs brèves convocations ou de l’appel à l’activité de cette institution, ces jeunes gens n’en demeurent pas moins des civils le reste du temps.

Peu populaire de par les obligations qu’elle amène, la garde nationale mobile est surtout mal comprise par la population, de plus en plus consciente du danger prussien mais qui reste focalisée sur des problèmes plus quotidiens. Cette loi souffre également d’un défaut d’application, et cela jusqu’à la déclaration de guerre. Mais, même si les réunions de la garde nationale mobile ont été pratiquement inexistantes, celle-ci avait une réelle existence administrative qui se concrétise pour les Français lors du passage devant le conseil de révision. Elle prendra bien évidemment une tournure encore plus importante avec le passage en temps de guerre.

Au travers de sources peu exploitées, surtout locales, il est question ici de traiter de l'attitude de la population face à cette nouvelle institution, de la mise en application de ce volet de la loi et son impact réel au travers du conflit de 1870 – 1871. Ainsi, via notamment les archives de la préfecture, il est possible d'aborder cette thématique avec une vision par le haut, c'est-à-dire comme le conçoit le pouvoir central, aussi bien que par le bas, au travers des correspondances et des doléances de la population. La presse, les rapports des procureurs impériaux ainsi que ceux des préfets permettent de compléter ce tableau, tout comme les listes matricules qui amènent des données chiffrées et sérielles sur le sujet. Cette étude se focalisera sur l’exemple de la Moselle sans toutefois exclure quelques références aux départements voisins qui auront tous en commun le fait d’être proches de la frontière. Ce dernier point suppose une prise de conscience plus nette du risque d’invasion et par ricochet une réaction supposée plus homogène face à cette nouvelle contrainte militaire.

Biographie

L’auteur s’intéresse à l’histoire militaire du XIXème siècle, et plus particulièrement au Second Empire. Son attention se porte sur l’application, l’acceptation, la concrétisation des différentes formes d’engagements combattants durant cette période. Cela passe autant par une histoire d’en haut, au travers des pensées, des débats, des lois discutées ou mis en place que par une historie d’en bas au travers de témoignages, retours d’expériences ou données sérielles. Après un master sur les blocus de Thionville à la fin du Premier Empire, l’auteur s’intéresse dans le cadre de son doctorat à l’application de la loi Niel en Moselle.

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