François PORTE

Docteur en histoire antique

Université Paris Est-Créteil

Résumé

Au Ier siècle avant J.-C., quand César mène sa conquête de la Gaule, les principaux peuples gaulois qu’abrite la région du Grand Est, notamment les Rèmes et les Lingons, font le choix de se ranger aux côtés des Romains. Outre la fourniture de troupes de cavalerie auxiliaire, ces peuples vont jouer un rôle important dans le système logistique mis en place par César pour ravitailler ses troupes. Le proconsul bénéficie en effet des ressources d’un riche territoire qui approvisionne régulièrement ses légions, en particulier dans leurs quartiers d’hiver. César bénéficie également des infrastructures liées au rôle de carrefour commercial de ces territoires (routes fluviales et terrestres) et qui lui sont grandement utiles pour établir ses bases lors des opérations militaires dirigées vers le nord-est de la Gaule, contre les Belges ou les Germains.

Ce ralliement n’est pas sans conséquences et l’importance de ces territoires dans l’approvisionnement des armées romaines en fait une cible potentielle pour leurs adversaires. Ainsi, le territoire des Rèmes est dévasté par les Belges en 57 avant J.-C. afin de mettre César en difficulté et les populations civiles dans les campagnes sont les premières à subir les conséquences du choix politique de leur peuple.

Néanmoins, ces peuples du Grand Est restent des alliés indéfectibles, même lors de la grande insurrection menée par Vercingétorix en 52 avant J.-C., ce qui pose la question de leurs motivations. À court terme, si le ravitaillement des armées romaines repose sur la perception de tributs, la réquisition de ressources et les dons plus ou moins volontaires des alliés, les achats ne sont pas à négliger et la contribution des Gaulois à la logistique de César n’a peut-être pas été une si mauvaise affaire pour tout le monde. Mais les peuples du Grand Est ont sans doute perçu les avantages à long terme de leur ralliement. Important carrefour commercial, la région a en effet noué des liens économiques et commerciaux anciens avec les Romains. Lorsque César arrive, les élites politiques prennent conscience de l’intérêt économique d’une présence romaine protectrice seule susceptible de garantir la paix et la stabilité face aux Belges et Germains voisins. Leur ralliement était un pari risqué sur l’avenir, mais le calcul était juste.

Biographie

Enseignant certifié dans le secondaire depuis 2005, François Porte a préparé une thèse de doctorat, sous la direction de Claire Sotinel (Université Paris Est-Créteil) et avec l'aide de Pierre Cosme (Université de Rouen), consacrée au ravitaillement des armées romaines pendant les guerres civiles (49-30 av. J.-C.). Il a obtenu son doctorat après une soutenance en Mars 2016, devant un jury composé de Pierre Cosme, Claire Sotinel Jean-Louis Voisin, François Bérard et François Cadiou. Depuis, tout en continuant à exercer ses fonctions d'enseignant dans le secondaire, il a publié quelques articles dans des revues à comité de lecture et participé à des journées d'études et des colloques en France et à l'étranger. Parallèlement, au second semestre 2019, il a eu l'opportunité d'assurer une charge de TD de L1 à l'université de Rouen et a obtenu la qualification aux fonctions de maître de conférences.

Bibliographie sélective

« Frumentum commeatusque : l’alimentation des légions romaines en campagne au Ier siècle avant J.-C. », Revue des études anciennes, 119/2, 2017, p.551-584

« César et la surprise stratégique. Logistique et guerre hivernale lors des campagnes de César en Épire et en Afrique (48-46 av. J.-C.) », Aquila Legionis, 20, 2017, p.61-81

 « L’autonomie des légions romaines au Ier siècle avant J.-C. », HiMA, 7, 2018, p.47-74

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