Jean-Arthur NOÏQUE

Docteur en histoire, professeur d’histoire-géographie

Lycée Frédéric Mistral - Avignon

Résumé

Photographie en noir et blanc de De Lattre avec un enfant dans les bras : "Général de Lattre de Tassigny en Alsace, mars 1945". Photographie tirée de Libération de l’Alsace, Mulhouse-Dornach-Paris, Editions Braun & Cie, 1945,16 planches.
Photographie en noir et blanc, défilé de chars: " Défilé de la victoire à Colmar, février 1945". Photographie tirée de La 1ère Armée Française Victorieuse, Mulhouse-Dornach-Paris, Editions Braun & Cie, 1945, 16 p.
Photographie en couleur du char : "Kientzheim, Mémorial d'Alsace de la 5e D.B.. Char le Renard". Photographie prise en juillet 2011par Jean-Arthur Noïque
 

La 1ère Armée française commandée par le général de Lattre de Tassigny occupe une place de choix auprès des Alsaciens. Tout d’abord, ses soldats sont les premiers à atteindre le Rhin en novembre 1944. Ils libèrent ensuite Mulhouse, livrent de durs combats autour de la poche de Colmar et enfin, en janvier 1945, sauvent Strasbourg alors que les troupes américaines l’ont évacuée.

Ces engagements sanglants sont à l’origine de liens étroits entre les militaires et les civils durant le conflit. Ils se manifestent par de grandioses défilés devant une foule euphorique, mais aussi par les initiatives des Alsaciens qui organisent des collectes pour leurs libérateurs. A la différence des autres régions de France libérées par la 1ère Armée, ils perdurent après la fin de la guerre, durant la phase de démobilisation, mais aussi jusqu’au début du XXIe siècle. Ces liens prennent la forme classique de commémorations grandioses lors de l’anniversaire de la libération des villes et villages alsaciens. Ils existent aussi en raison de la construction d’espaces mémoriels partagés : nécropole nationale de la 1ère Armée à Sigolsheim, vaste ensemble mémoriel à Colmar, plaques, stèles, chars… Ces manifestations sont-elles représentatives, ou pas, des civils du Haut-Rhin ? Ces liens sont-ils la conséquence de l’annexion de l’Alsace par l’Allemagne durant la Seconde Guerre mondiale ? Cette communion avec la 1ère Armée est-elle le signe le plus visible d’un rejet du Reich ?

Je me propose d’étudier tout d’abord « les espaces partagés » entre les civils et les militaires ou les anciens militaires regroupés dans l’association Rhin et Danube. De plus, si certains de ces « lieux de mémoire » n’étaient pas à l’origine conçus comme des espaces « mixtes », ils ont évolué, en raison du tourisme de mémoire, comme c’est le cas pour la nécropole nationale de la 1ère Armée.

Ensuite les commémorations organisées lors de la libération des villes et des villages d’Alsace entraînent des défilés militaires souvent fastueux. Ils « constituent des références partagées », même si depuis la fin du XXe siècle et la disparition des anciennes générations, ces manifestations sont plus modestes.

Enfin je m’attacherai à présenter les acteurs civils et militaires qui sont à l’origine ou qui ont renforcé les liens entre les Alsaciens et les soldats de la 1ère Armée. S’il y a des influences endogènes, il ne faut pas négliger les influences exogènes, qui ont pu raffermir ou suppléer les initiatives locales.

Biographie

Jean-Arthur NOÏQUE est professeur d’Histoire-Géographie au lycée Frédéric Mistral d’Avignon. Spécialiste de l’image et de la mémoire de la 1re Armée française, il poursuit ses recherches sur les vétérans de cette unité regroupés dans l’association Rhin et Danube. Il collabore au niveau national et local avec le Souvenir Français en particulier auprès des lycées lors des cérémonies commémoratives du 8 mai.

Bibliographie sélective

J’ai soutenu ma thèse de doctorat « Images et mémoires de la 1re Armée française (1943-2015) » sous la direction de Jean-François Muracciole le 26 novembre 2015 à l’université Paul-Valéry-Montpellier 3 (jury : Christian Amalvi, François Cochet, Jean-Charles Jauffret, Jean-François Muracciole, Olivier Wieviorka).

Ce travail  sera bientôt publié par les éditions Indes Savantes.

« De l’histoire de la 1re Armée ou de la construction d’une histoire par les militaires », in Actes du colloque, Histoire des opérations militaires, sources, objets, méthodes, sous la direction de Hervé Drévillon et Dominique Guillemin, Vincennes, S.H.D., 2018, p. 167-176.

A paraître : « La place de la 1re Armée française dans l’espace mémoriel colmarien », Actes du colloque, Les marqueurs mémoriels de la guerre et de l’armée : la construction d’un espace du souvenir dans l’Est de la France, Nancy 2016 ;  « La construction d’une identité militaire, de l’hétérogénéité à l’unité : la 1re Armée française du général de Lattre », Actes du colloque, Symbolique, traditions et identités militaires, Vincennes 2017.

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