Anne FRANÇOIS

Professeur d’histoire-géographie

Docteure en histoire contemporaine – EA 7455 – HISTEMÉ- Université de Caen

Présidente de la Société d’histoire des Ardennes

Résumé

Ostland

Pendant la Drôle de guerre, de nombreuses troupes, composées de soldats originaires de métropole mais aussi des colonies, stationnent dans le département des Ardennes. Une cohabitation contrainte se met en place entre la population civile ardennaise et ces militaires. Alors que les métropolitains logent pour la plupart chez l’habitant, les soldats indigènes sont cantonnés à l’écart des villages, dans des tentes ou des baraquements. Des liens s’établissent toutefois et la vie des villages est rythmée par les impératifs de la vie militaire (défilés, revues, travaux de défense, entraînements…). Après l’armistice de juin 1940, les prisonniers coloniaux sont regroupés dans les Frontstalags établis en France, l’Allemagne nazie se refusant à les transférer sur le sol aryen comme le sont les métropolitains. Environ 4 500 prisonniers nord-africains vivent ainsi dans des Lager dans les Ardennes et sont contraints de travailler pour une entreprise agricole allemande, l’Ostland, qui confisque les terres agricoles en zone interdite. Leurs conditions de vie sont misérables et ils ne reçoivent de leurs gardiens que le minimum vital leur permettant de survivre. Même si les contacts avec la population civile leur sont interdits, des Ardennais tentent pourtant de leur apporter une aide ponctuelle. Alors que certains leur font parvenir discrètement des vivres, d’autres n’hésitent pas à les cacher lors d’une évasion. La Croix-Rouge organise également des visites régulières dans ces camps pour leur fournir nourriture et vêtements, mais aussi objets nécessaires à une pratique culturelle ou cultuelle (livres, instruments de musique, disques, maquillage pour le théâtre...).

Biographie

Professeur d'histoire-géographie à Charleville-Mézières, Anne François est doctorante à l'Université de Caen-Normandie et vient d'achever une thèse en histoire contemporaine. Son travail de recherche porte sur la colonisation agraire du Nord-Est de la France pendant la Seconde Guerre mondiale et son impact sur les populations. Elle est également présidente de la Société d'histoire des Ardennes qui a pour vocation d'encourager et de diffuser la recherche universitaire en histoire dans le département. 

Bibliographie sélective

FRANCOIS (Anne), « Le patrimoine ardennais dans la tourmente : l’évacuation des archives et des œuvres d’art (septembre 1939-mai 1940) », Revue historique ardennaise, n°49, Société d’histoire des Ardennes, 2017, p. 161-172.

FRANCOIS (Anne), « Les Polonais déportés dans les Ardennes pendant la Seconde Guerre mondiale », Revue historique ardennaise, n°48, p. 155-176.

FRANCOIS (Anne), « Jules Fortier : un GVC dans la Grande guerre », Revue historique ardennaise, n°47, 2015, p.41-66.

FRANCOIS (Anne), « Dénonciation et lettres anonymes à la Libération dans les Ardennes », Revue historique ardennaise, n°45, Société d’histoire des Ardennes, 2013, p. 179-190.

FRANCOIS (Anne), « Une forme de répression de la collaboration : étude du cas de six femmes tondues dans les Ardennes à la Libération », Revue historique ardennaise, n°43, Société d’études ardennaises, 2011, p. 165-178.

FRANCOIS (Anne), « La colonisation agraire des Ardennes pendant la Seconde Guerre mondiale : l’exemple de la WOL dans le canton de Mouzon », Revue historique ardennaise, Société d’études ardennaises, n°42, 2010, p.209-226.

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