« La guerre et l’armée. Une fabrique de la ville de l’Antiquité au XXIe siècle »

« La guerre et l’armée. Une fabrique de la ville de l’Antiquité au XXIe siècle »

Le colloque s'est tenu les vendredi 25 et samedi 26 novembre 2016 à Pont-à-Mousson,.

 

Ce colloque a permis de réunir autour d’une problématique originale des chercheurs travaillant sur l’Histoire et le patrimoine des territoires de la Région Grand Est. Ce colloque à forte dimension régionale est volontairement diachronique, couvrant l’ensemble des périodes de l’Antiquité à nos jours.

Résumé

Au fil des siècles, la présence militaire et les conflits armés ont profondément imprimé leur empreinte dans l’espace, contribuant ainsi à la fabrique de la ville et des territoires. Les interactions entre la guerre – et son principal acteur l’armée – et l’urbanisme sont complexes. Elles interviennent aussi bien en temps de paix, à travers le casernement des soldats et la fortification des villes notamment, qu’en temps de guerre où se succèdent  phénomènes de destruction et de reconstruction.

Entre opportunités et contraintes, la présence militaire en ville marque puissamment la cité. Ce constat est valable dès l’Antiquité et n’est pas démenti jusqu’à aujourd’hui même si les formes de cette présence évoluent. Les débats sur la réforme de la carte militaire et ses conséquences sur les territoires et notamment les villes de garnisons nous l’ont rappelé récemment encore.

La guerre transforme également la ville par le biais de ces conséquences géopolitiques telles que naissances de villes neuves ou déplacements massifs de populations lors des annexions notamment.

Programme

Au cours de quatre sessions thématiques, ce colloque propose des études de cas et des approches de synthèse concernant la fortification, les infrastructures militaires – dont un focus sur les bases OTAN –, les reconstructions et les traces urbaines des conflits, qu’il s’agisse des vestiges patrimoniaux de la vie en temps de guerre ou du défi de la reconversion des équipements désaffectés.

Basé sur les propositions de communication reçues, le programme laisse une large place aux territoires lorrain et alsacien. La Champagne-Ardennes n’est toutefois pas oublié et elle sera évoquée à travers plusieurs communications qui portent sur l’ensemble du territoire du Grand Est.

Accéder aux résumés d'intervention

§       Session 1 : Les fortifications : entre défense et développement urbain

Pendant longtemps, alors que les armées n’étaient pas encore constituées de corps professionnels, les enceintes des villes et bourgs ont constitué l’élément le plus visible de l’empreinte militaire sur l’Urbanisme. Cinq communications – celle de François Petrazoller a dû être annulée – permettront d’évoquer des configurations différentes. Pour Metz, la situation d’un quartier et de sa relation à l’enceinte sera évoquée sur une très longue période (Antiquité-XVIe s.). Les communications sur les situations des faubourgs de Metz et de Strasbourg au cours du Moyen Âge et de l’époque moderne permettront une double mises en perspective, avec un bourg beaucoup plus petit, Rodemack, d’une part et avec la situation plus tardive des faubourgs et servitudes de Strasbourg au XIXe siècle. Une approche synthétique à l’échelle de toute l’Alsace où les villes constituent une véritable ceinture de pierres conclura cette session.

Session 2 : Infrastructures militaires et urbanisme

Les trois interventions de la seconde session abordent la question des autres infrastructures militaires, c’est-à-dire les casernes et leurs annexes (écuries, terrains de sports, etc…), les arsenaux, les hôpitaux militaires, etc. La question de l’enjeu que représente la présence militaire pour le développement des villes sera notamment mis en lumière à travers l’exemple de la négociation entre Colmar et le ministère de la défense au XIXe siècle.

Un focus sur la présence américaine : Bases OTAN et urbanisme

Trois autres conférences donneront un coup de projecteur spécifique sur la période de la guerre froide en examinant l’impact de l’implantation des bases américaines et canadienne dans la région dans le cadre de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord. Elles évoqueront à la fois les bases qui forment de véritables « villes autonomes » mais également les relations entre les bases et le tissu urbain régional.

§       Session 3 : Les reconstructions

Les Reconstructions seront évoquées par quatre chercheurs qui se pencheront sur trois conflits, la guerre de 1870 et les deux Guerres mondiales. L’approche sociologique sera présente avec un regard sur la main d’œuvre mobilisée pour la première Reconstruction, où la présence italienne est prépondérante.

§       Session 4 : Traces urbaines des conflits et reconversion

Le colloque s’achèvera par deux communications qui évoquent l’héritage du patrimoine militaire, sous deux formes très différentes. La première est consacrée aux témoignages discrets résultants de la politique de défense passive pendant la Seconde Guerre mondiale, notamment la signalisation des abris et le camouflage des bâtiments. L’autre évoquera en détails la reconversion des bases suite à la réforme de la carte militaire et l’enjeu que cela représente pour les territoires.

Actualités